Bourse – Les cinq premières séances donnent le ton

Didier Coutton, interview dans La Tribune

Historiquement, janvier imprime la tendance annuelle boursière. Didier COUTTON, directeur du Master Salles de Marché à l’INSEEC Bordeaux, analyse ce phénomène.

Les premières séances d’une nouvelle année boursière sont-elles vraiment déterminantes pour entrevoir la tendance de l’année?

Depuis que les analystes se penchant sur les marchés actions des grandes places financières, ils ont observé que la tendance de l’année est déjà inscrite dans celle du 1er semestre. À quelques exceptions près, comment en 1990 avec la guerre du Golfe et en 2000 avec l’explosion de la bulle Internet, lorsque le 1er semestre est haussier, l’année boursière promet d’être bonne. En fait, dans 9 cas sur 10, la tendance annuelle est connue dès la fin du 1er trimestre. Mieux encore : janvier fait l’année. C’est ce qui se murmure sur les places financières. Ce phénomène, baptisé « baromètre de janvier » est même devenu un indicateur de tendance boursière si fiable que les investisseurs le suivent de près. Exact dans 8 cas sur 10, cet indicateur a démontré sa justesse ces 11 dernières années.

Certes, mais quels autres éléments faut-il aussi prendre en compte?

Les perspectives économiques invitent à la prudence, car l’inquiétude l’emporte sur l’optimisme. En effet, les signes actuels de renchérissement des matières premières et de reprise sont porteurs d’une inflation, qui ne sera tenue que par l’augmentation des taux d’intérêt. Ils viendront alourdir le coût des dettes souveraines. Les États, contraints à une réduction de leurs dépenses, pourraient alors s’engager dans des programmes d’austérité budgétaire peu propices à une croissance soutenue. Avec la hausse des taux, les particuliers seront moins portés à consommer et plus à épargner. Bref, la reprise économique pourrait être plus molle que celle attendue. Dans cette hypothèse, la hausse des marchés sera la traduction de bulles spéculatives en formation, pas le résultat de la croissance économique. La seule certitude empruntée à un proverbe boursier est que « les marchés haussiers naissent dans le pessimisme, se développent dans le scepticisme et meurent dans l’euphorie ». C’est sans doute le cas aujourd’hui.

Vu dans La Tribune – 12/01/2010

 

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